Ubisoft : le studio de Barcelone entre en grève après l'annonce de 51 licenciements
Ubisoft Barcelone lance trois semaines de grève après l'annonce de 51 licenciements. Les salariés réclament des négociations et des garanties.

Ça continue de secouer chez Ubisoft. Engagé depuis plusieurs mois dans une profonde restructuration destinée à réduire ses coûts et à réorganiser ses équipes, l'éditeur français enchaîne les fermetures de studios et les suppressions de postes. Cette fois, c'est le studio de Barcelone qui se retrouve au cœur de l'actualité. Après l'annonce de la suppression de 51 emplois, les salariés ont décidé de riposter en lançant un mouvement de grève partielle qui s'étendra du 30 juin au 17 juillet 2026. Une mobilisation qui illustre les tensions sociales grandissantes au sein de l'entreprise et qui dépasse largement le simple cadre de cette antenne espagnole.
Ubisoft poursuit une restructuration qui fragilise ses studios
Une nouvelle vague de suppressions de postes à Barcelone
Le studio Ubisoft Barcelone fait partie des équipes les plus durement touchées par la nouvelle phase de restructuration engagée par le groupe. Au total, 51 salariés sont concernés par les licenciements, soit près de 30 % des effectifs du site selon plusieurs médias spécialisés. Cette décision intervient quelques semaines après l'annonce d'un vaste plan de réorganisation interne qui pourrait affecter jusqu'à 380 employés à travers plusieurs studios de l'éditeur.
Ubisoft Barcelone n'est pourtant pas un studio secondaire. Depuis de nombreuses années, il participe au développement et au soutien de plusieurs licences majeures de l'entreprise. Plus récemment, la direction a annoncé sa volonté de recentrer les activités du studio autour de Rainbow Six, une franchise considérée comme stratégique pour l'avenir du groupe. Cette réorientation s'accompagne toutefois d'une réduction importante des effectifs, alimentant l'inquiétude des employés quant à la pérennité de leurs postes.
Cette décision s'inscrit dans un contexte particulièrement difficile pour Ubisoft. Depuis 2024, le groupe multiplie les mesures destinées à réduire ses dépenses, avec des fermetures de studios, des annulations de projets et plusieurs vagues de licenciements. Une stratégie qui témoigne des difficultés rencontrées par l'éditeur, confronté à des performances commerciales irrégulières et à la nécessité de revoir son organisation en profondeur.
Une stratégie de réduction des coûts qui s'inscrit dans un contexte plus large
La situation de Barcelone n'est donc pas un cas isolé. Début juin, Ubisoft annonçait déjà la fermeture de ses studios de Winnipeg et de Belgrade, tandis que d'autres suppressions de postes étaient également prévues à San Francisco. L'objectif affiché est de simplifier l'organisation du groupe et de concentrer davantage les ressources sur les franchises jugées prioritaires.
Cette politique de rationalisation intervient après plusieurs années compliquées pour l'entreprise française. Entre reports de jeux, annulations de projets, performances commerciales en demi-teinte et évolution rapide du marché du jeu vidéo, Ubisoft tente de retrouver un équilibre financier. Pour les salariés, en revanche, cette stratégie se traduit par une succession d'annonces difficiles qui entretiennent un climat d'incertitude au sein des équipes.
Les salariés répondent par un mouvement de grève inédit
Trois semaines de grèves partielles pour faire pression
Face à cette nouvelle vague de licenciements, les employés d'Ubisoft Barcelone ont décidé d'organiser trois semaines de grèves partielles, prévues du 30 juin au 17 juillet 2026. Le mouvement prendra la forme de six arrêts de travail répartis sur plusieurs journées, une manière de perturber l'activité du studio tout en maintenant une mobilisation sur la durée.
Les représentants des salariés demandent avant tout l'ouverture immédiate de négociations avec la direction afin d'obtenir des garanties concernant les emplois menacés. Leur objectif est de trouver des solutions permettant d'éviter ces licenciements ou, à défaut, de sécuriser davantage l'avenir des équipes encore en poste.
Cette mobilisation illustre également une évolution du dialogue social dans l'industrie du jeu vidéo. Longtemps réputé peu syndiqué, le secteur voit progressivement les mouvements collectifs gagner en visibilité, notamment lorsque les restructurations touchent plusieurs centaines de salariés à travers différents pays.
Des revendications qui dépassent le seul maintien des emplois
Les licenciements ne constituent toutefois qu'une partie des revendications formulées par les employés. Les représentants du personnel souhaitent également que l'entreprise respecte les accords déjà conclus concernant les promotions internes et les évolutions de carrière, plusieurs dispositifs ayant été suspendus dans le cadre de la restructuration.
Autre point important : le retour d'un modèle hybride permettant aux salariés d'effectuer 60 % de leur temps de travail en télétravail et 40 % en présentiel. Cette demande fait écho aux tensions déjà apparues ces dernières années autour de la politique de retour au bureau mise en place par Ubisoft dans plusieurs de ses studios européens.
Enfin, les salariés réclament une révision du barème salarial ainsi qu'une amélioration des perspectives d'évolution professionnelle. Pour eux, la restructuration ne doit pas uniquement servir à réduire les coûts, mais également ouvrir une discussion sur les conditions de travail et la reconnaissance des équipes qui continuent de faire vivre les principales licences de l'éditeur.
Un dialogue social sous tension
Le climat entre la direction et les représentants des salariés semble aujourd'hui particulièrement tendu. Les organisations syndicales estiment que plusieurs décisions importantes ont été prises sans véritable concertation, tandis que les employés dénoncent un manque de visibilité sur l'avenir du studio.
« L'ouverture immédiate de négociations. »
Coordination syndicale des travailleurs du jeu vidéo, dans ses revendications relatives au mouvement social.
Cette formule résume l'objectif principal de la mobilisation. Au-delà du conflit actuel, les salariés souhaitent instaurer un dialogue permettant d'obtenir davantage de garanties face aux futures restructurations susceptibles d'affecter Ubisoft.
Une crise qui interroge l'avenir d'Ubisoft
Une image de plus en plus écornée auprès des employés
Depuis plusieurs années, Ubisoft alterne entre annonces ambitieuses concernant ses grandes licences et restructurations internes de plus en plus fréquentes. Si certains projets continuent d'attirer les joueurs, les difficultés rencontrées par l'entreprise alimentent désormais une autre actualité : celle des suppressions de postes et des mouvements sociaux.
Pour un groupe qui s'appuie largement sur la créativité et l'expertise de ses équipes, cette succession de tensions internes pourrait avoir des conséquences sur son attractivité. Les studios de développement évoluent dans un marché où les talents restent particulièrement recherchés, et conserver un climat social apaisé constitue un enjeu stratégique aussi important que la réussite commerciale d'un futur jeu.
Les défis qui attendent l'éditeur français après cette nouvelle mobilisation
Le mouvement lancé à Barcelone sera observé avec attention, aussi bien par les salariés des autres studios Ubisoft que par l'ensemble de l'industrie vidéoludique. Si les négociations aboutissent, elles pourraient servir de référence pour d'autres équipes confrontées à des restructurations similaires.
À l'inverse, un conflit prolongé risquerait d'accentuer les difficultés d'image auxquelles Ubisoft fait déjà face. L'entreprise devra trouver un équilibre entre ses impératifs économiques et la nécessité de maintenir la confiance de collaborateurs qui restent au cœur du développement de franchises majeures comme Rainbow Six. Dans un secteur où les projets s'étalent sur plusieurs années, préserver les compétences et la stabilité des équipes demeure un facteur essentiel pour assurer la qualité des productions à venir.
En quelques mots
La grève annoncée chez Ubisoft Barcelone symbolise une nouvelle étape dans la restructuration du groupe français. Derrière les 51 licenciements prévus se dessinent des questions plus larges sur le dialogue social, les conditions de travail et l'avenir des équipes de développement. Alors qu'Ubisoft poursuit sa réorganisation mondiale afin de réduire ses coûts et de concentrer ses ressources sur ses licences phares, les salariés espagnols espèrent désormais obtenir des garanties concrètes avant que cette nouvelle vague de suppressions de postes ne devienne définitive.
Entreprise mise en avant dans cet article
Ubisoft
Leader mondial du jeu vidéo, créateur de franchises emblématiques comme Assassin's Creed et Far Cry, offrant des expériences immersives et innovantes.
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