Test Apopia: Sugar Coated Tale: un cartoon sucré, des Dark Worlds et un vrai cœur

AuthorArticle written by Vivien Reumont
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Publication date27/02/2026

Apopia: Sugar Coated Tale, c’est ce genre de jeu qui arrive avec un sourire de dessin animé, te serre la main très poliment… puis te glisse un miroir sous le nez quand tu t’y attends le moins. Nous avons pu jouer en avance aux trois premiers chapitres (build presse), et si l’aventure se présente d’abord comme un “simple” jeu d’énigmes dans un monde sucré nommé Yogurt, elle laisse vite apparaître quelque chose de plus intime. Plus on avance, plus on a envie de comprendre ce qui cloche derrière les couleurs pastel — et quand le chapitre 3 se termine, l’envie de lancer la suite est bien réelle. Dommage que quelques accrocs techniques viennent parfois casser l’élan… et qu’un bug, lui, pose une vraie question de confiance.

 

Une aventure sucrée, mais pas inoffensive

Ce que raconte Apopia (sans spoiler) et pourquoi ça intrigue

L’histoire démarre avec Mai, en randonnée avec sa mère sur une montagne. Un instant après, la voilà projetée dans Yogurt, un monde onirique rempli de personnages animaux et de décors “cartoon” qui donnent l’impression d’être entré dans un épisode perdu d’une série animée des années 2000. L’objectif affiché est simple : rentrer à la maison. L’objectif réel, lui, ressemble plutôt à un puzzle émotionnel. Car plus Mai avance, plus Apopia glisse des indices sur ses souvenirs “brouillés”, sur sa famille… et sur les zones qu’elle a visiblement choisi d’oublier.

Là où beaucoup de jeux “mignons mais sombres” se contentent d’une ambiance, Apopia tente autre chose : faire du contraste un outil de lecture. Le sourire n’est pas juste un filtre esthétique, c’est une façade qui peut se fissurer — parfois doucement, parfois brutalement.

Le contexte: Quillo, Happinet, et la promesse “Indie Collection”

Officiellement, Apopia: Sugar Coated Tale est annoncé sur PC (Steam) pour le 3 mars 2026, développé par Quillo Entertainment Limited et édité par Happinet. Le jeu a aussi été mis en avant comme une entrée de la “Happinet Indie Collection”, avec une communication qui insiste sur le ton “comédie + mystères sombres” et sur le fait que l’aventure progresse par puzzles et mini-jeux plutôt que par le combat classique.

“Apopia: Sugar Coated Tale is a comedic adventure with dark mysteries.”
« Apopia: Sugar Coated Tale est une aventure comique aux mystères sombres. »

Cette promesse, on la sent dès les premières minutes : le jeu veut te faire rire, t’étonner, puis te laisser avec une gêne légère… celle qui donne envie de cliquer sur “continuer” plutôt que d’éteindre.

À quel type de joueur ça parle immédiatement

Si tu aimes les aventures où l’on avance en observant, en discutant et en résolvant, Apopia te parle tout de suite. C’est un jeu qui récompense la curiosité : comprendre un personnage, décoder une situation, revenir sur un détail. En revanche, si tu cherches une progression “action” continue, ou un système de combat qui occupe 70% du temps, tu risques de trouver l’approche trop narrative, trop “scénarisée”. Ici, le moteur, c’est la mise en scène et les idées — et quand ça marche, c’est précisément ce qui te happe.

 

Un monde cartoon qui cache ses dents

Direction artistique: le dessin à la main comme faux sentiment de sécurité

Le premier charme d’Apopia, c’est sa direction artistique : des environnements dessinés à la main, des animations expressives, et une palette qui t’installe dans un confort immédiat. Le jeu ressemble à une gourmandise visuelle, et le plus malin, c’est qu’il utilise ce confort comme une arme narrative : plus tu te sens “en sécurité”, plus certains contrastes te frappent quand ils arrivent.

Le changement d’artstyle est particulièrement marquant quand le jeu bascule vers ses sections plus sombres (on y revient), mais même dans Yogurt “normal”, on sent que le monde n’est pas juste décoratif. Il y a une volonté de faire parler les lieux, de leur donner une personnalité. Et sur une aventure à énigmes, cette personnalité compte : elle rend l’exploration agréable et elle sert la compréhension des situations.

Personnages: Mai, Nico, et les rencontres qui ont l’air de blagues (jusqu’à ce que ça n’en soit plus)

Mai est le point d’ancrage émotionnel. Elle voit sa mère comme une figure protectrice et chaleureuse… au moins au départ. Et très vite, le jeu te présente Nico, un chat mystérieux qui accompagne Mai et participe à certaines séquences de gameplay plus “physiques”. Ce duo fonctionne parce qu’il ne repose pas seulement sur des punchlines : Nico est aussi un outil pour rendre l’aventure moins passive, et pour varier les situations.

Autour d’eux, Apopia aligne des personnages secondaires colorés, souvent drôles, parfois étranges. Le bon point, c’est que ces rencontres ne servent pas qu’à “remplir” Yogurt : elles nourrissent l’enquête, donnent des infos, déclenchent des scénarios. On n’est pas dans la collection de mascottes. On est dans une galerie qui semble cacher des choses — y compris derrière les personnages les plus comiques.

Écriture et humour: quand ça change de genre sans prévenir (et ça marche)

La meilleure surprise sur ces trois chapitres, c’est le goût du jeu pour la rupture. Une minute, tu explores en récoltant des indices sur une chanteuse. La minute d’après, Apopia se transforme en dating sim où tu dois gagner sa faveur pour débloquer la suite. Sur le papier, ça pourrait être un enchaînement “lol random”. En jeu, ça fonctionne parce que ces ruptures ne tombent pas du ciel : elles sont scénarisées, contextualisées, et elles servent le rythme. Tu sens que les développeurs cherchent à éviter le piège du “puzzle, puzzle, puzzle” qui finit par se ressembler.

C’est aussi là qu’Apopia gagne des points : il a une vraie envie de te surprendre sans t’agresser. La fantaisie est assumée, mais elle reste lisible. Et quand le jeu décide de se faire sérieux, l’humour devient un contraste plutôt qu’un sabotage.

 

Jouer sans frapper: puzzles, ruse et mini-jeux

Exploration & énigmes: variété, scénarios, et un chapitre 3 qui marque

Le gameplay d’Apopia, sur ce que nous avons joué, tourne autour d’une boucle simple : explorer, parler, trouver un objet ou résoudre une énigme, puis avancer. L’intérêt vient du fait que les puzzles changent de nature selon le contexte. On n’est pas sur une série de cadenas avec des codes. Les énigmes sont intégrées à des “scènes”, des situations, des mini-intrigues.

Le chapitre 3, en particulier, se détache comme un moment où le jeu semble pleinement assumer sa créativité : les objectifs s’enchaînent avec plus de personnalité, les situations sont plus mémorables, et tu as cette sensation agréable d’être dans un jeu qui sait exactement ce qu’il veut te faire vivre à ce moment-là. C’est le chapitre qui fait passer Apopia de “sympa” à “ok, je veux la suite”.

Mini-jeux & épreuves “bite-sized”: l’antidote à la routine

Entre les séquences de puzzle “principales”, Apopia glisse des défis plus courts, plus directs. Ces petites épreuves font deux choses : elles relancent l’attention, et elles donnent au jeu une énergie de cartoon — ce côté “une scène = une idée”. C’est précisément ce qui rend l’expérience fraîche sur plusieurs heures : tu ne te retrouves pas coincé dans un seul type d’interaction.

Le revers, c’est que cette variété demande une exécution irréprochable côté contrôles et stabilité. Quand un mini-jeu est excellent, il te donne un pic de plaisir. Quand il est bancal, il te fait sentir que tu es dans une “séquence” qui ne pardonne pas, et la frustration peut monter très vite (on y arrive).

Jouer à plusieurs personnages: Nico comme outil de rythme… et zone de friction

Sur ces chapitres, Nico n’est pas juste un personnage. C’est aussi un levier de gameplay. Et à un moment précis, c’est même lui qui met en lumière l’un des rares problèmes de confort que nous avons rencontrés : une séquence où l’on utilise la queue de Nico pour se balancer de crochet en crochet en poursuivant un robot.

La première fois, rien à signaler. La seconde, en revanche, les contrôles ont donné une impression de “glissant”, comme si l’inertie s’était mise à jouer contre toi. Résultat : répétitions, erreurs, agacement — alors même que la scène n’a rien d’impossible sur le fond. Ce type de problème est sournois, parce qu’il ne dit pas “tu joues mal”, il dit “je ne sais pas si je suis fiable”. Et sur un jeu qui mise sur le rythme et la surprise, la fiabilité est sacrée.

 

Fantasy World / Dark World: le cœur du concept

Dark Worlds: la créativité des développeurs en pleine lumière… dans le noir

Le concept teased tôt et obtenu assez vite, c’est la possibilité d’entrer dans des Dark Worlds. Sur le papier, c’est “un mode sombre”. En pratique, c’est bien plus intéressant : ces mondes représentent la conscience d’un personnage, ses souvenirs, ses zones refoulées. Et c’est là qu’Apopia montre le plus clairement son ambition : faire de l’intériorité une aire de jeu.

Le plus fort, c’est la sensation d’entrer dans une pièce qui ne devrait pas être ouverte. Tu y cherches des indices liés à l’intrigue, mais tu y vois aussi des fragments de mémoire — y compris des moments tragiques enterrés. Le jeu ne se contente pas de te dire “ce personnage souffre”. Il te fait marcher dans la forme que prend cette souffrance.

Deux réalités, deux lectures: quand l’artstyle raconte autant que le texte

Le contraste visuel entre le monde “normal” et les Dark Worlds fonctionne particulièrement bien. On sent une vraie attention à l’atmosphère : ce n’est pas seulement “plus sombre”, c’est une autre logique, une autre texture du réel. Et même si l’exploration y est parfois plus limitée, on a constamment envie d’y rester un peu plus longtemps — pas pour collecter des points, mais pour comprendre.

C’est un bon signe, parce que beaucoup de jeux qui tentent ce type de dualité tombent dans le décoratif. Ici, sur ces trois chapitres, le Dark World donne l’impression d’être un outil narratif majeur, pas une option.

Le cœur émotionnel: la mère de Mai, entre protection et menace

La vraie claque, c’est ce qui se cache sous la surface “mignonne”. Mai perçoit sa mère comme une présence aimante. Mais dans le Dark World, on découvre des aspects qu’elle a forcés hors de sa mémoire. Et Apopia joue sur une tension dérangeante : une mère qui veut protéger contre une mère qui veut blesser. Le tiraillement dans l’esprit de Mai dresse un portrait complexe, presque inconfortable, parce qu’il refuse la simplicité.

C’est là que le jeu devient personnel. Pas parce qu’il fait du drame, mais parce qu’il met en scène un mécanisme humain : l’idéalisation, le refoulement, la reconstruction. Et quand un jeu te donne envie de voir “comment ça va évoluer” sur un sujet aussi sensible, c’est qu’il a réussi à créer une accroche émotionnelle au-delà du gimmick.

 

Technique, confort et finition

Performances: globalement solide, avec quelques ratés ciblés

Dans l’ensemble, le jeu tourne bien sur notre session de test. On note toutefois des micro-saccades (stuttering) sur certains segments, notamment vers la fin du chapitre 2. Ce n’est pas omniprésent, mais c’est assez visible pour sortir un instant de l’histoire — surtout quand le jeu vient justement de réussir à t’embarquer émotionnellement.

Là où c’est rassurant, c’est que ces ratés restent rares. Là où c’est important, c’est qu’ils surviennent parfois à des moments où Apopia te demande de la précision (mini-jeu, séquence plus dynamique). Sur un jeu à puzzles, on pardonne plus facilement un petit hoquet visuel. Sur une séquence d’exécution, beaucoup moins.

Contrôles: quand “glissant” devient synonyme de frustration

On l’a dit : la séquence de balancement avec Nico a montré un souci de ressenti. Ce n’est pas la fin du monde, mais c’est le genre de problème qui mérite d’être corrigé au plus vite, parce qu’il donne l’impression que le jeu change de règles sans prévenir. Et un joueur peut très vite confondre “défi” et “imprécision” si le feedback n’est pas clair.

 

Verdict: une bonne surprise ou un bonbon trop collant ?

Ce que le jeu réussit vraiment

Sur trois chapitres, Apopia: Sugar Coated Tale réussit à être charmant, créatif et étonnamment touchant. Sa variété de situations (puzzle, mini-jeux, segments “genre swap” comme le dating sim) donne une énergie rare dans l’aventure narrative. Et surtout, le concept des Dark Worlds n’est pas là pour faire joli : il sert à explorer les personnages, à donner du relief, et à installer un vrai mystère émotionnel.

Les personnages, l’ambiance, et la façon dont le jeu accroche progressivement ton attention donnent envie de découvrir la suite. Et c’est probablement le compliment le plus important : à la fin du chapitre 3, l’excitation est réelle.

Ce qui pourrait diviser

Deux choses peuvent freiner des joueurs. D’abord, les accrocs techniques (stuttering, contrôle “glissant” sur une séquence précise) : rares, mais visibles. Ensuite, et surtout, ce bug de sauvegarde/out-of-bounds : s’il n’est pas corrigé, c’est un problème majeur, parce qu’il touche au cœur de l’expérience — la progression, la confiance, l’envie de continuer.

Il y a aussi une subtilité : Apopia joue avec des thèmes plus lourds. Si tu veux uniquement une aventure “cute” et légère, tu pourrais être surpris par la direction émotionnelle. Mais si tu cherches justement un jeu qui ose gratter sous le vernis, c’est une force.

Recommandation: pour qui, et dans quelles conditions

Si tu aimes les aventures narratives à puzzles, les univers “cartoons” détournés, et les jeux qui s’autorisent à changer de rythme pour rester frais, Apopia a déjà de quoi te séduire. En revanche, notre recommandation dépend d’un point non négociable : la stabilité. Avec un bug de progression aussi violent, le conseil le plus honnête est simple : surveille les retours au lancement et les correctifs (ou assure-toi au minimum de multiplier les sauvegardes/points de retour si le jeu le permet dans la version finale).

Apopia: Sugar Coated Tale sort sur Steam le 3 mars 2026. Et vu ce que ces trois chapitres laissent entrevoir, il mérite clairement d’être dans la conversation — à condition que le sucre ne cache pas un clou dans le bonbon.


Points positifs / Points négatifs

✅ Points positifs

  • Une accroche qui grandit chapitre après chapitre : le monde devient plus intrigant et l’envie de voir la suite explose à la fin du chapitre 3.
  • Une DA “cartoon” très efficace : le contraste entre le mignon et le malaise sert vraiment le ton.
  • Des puzzles et situations variés : chaque chapitre change d’angle, avec des idées de mise en scène (dont un passage “dating sim”) qui gardent le jeu frais.
  • Les Dark Worlds : concept fort, visuellement marquant, qui donne de la profondeur aux personnages et au mystère.
  • Un cœur émotionnel inattendu : la relation de Mai à sa mère et la dualité “protéger/blesser” posent une tension rare.

❌ Points négatifs

  • Un bug critique de sauvegarde/progression : out-of-bounds après relance, obligeant à recommencer depuis le début — inacceptable si non corrigé.
  • Quelques soucis de performances : stuttering ponctuel en fin de chapitre 2.
  • Un passage avec contrôles “glissants” : une séquence Nico au ressenti instable peut provoquer une frustration disproportionnée.
  • Risque de friction sur les mini-jeux : la variété est une force, mais elle demande un polish constant pour éviter les “moments compilation”.

En quelques mots

Apopia: Sugar Coated Tale est une aventure à puzzles qui t’attrape d’abord par son charme “cartoon”, puis te retient par ses Dark Worlds et son cœur émotionnel plus ambitieux qu’il n’en a l’air. Les trois premiers chapitres sont déjà très prometteurs, variés et souvent brillants, mais un bug de sauvegarde dramatique et quelques soucis de confort rappellent que la finition devra être au rendez-vous pour transformer cette belle surprise en incontournable.

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