Electronic Arts met Need for Speed et Burnout en pause pour se concentrer sur Battlefield
Criterion Games abandonne les jeux de course pour Battlefield. Need for Speed et Burnout n'ont plus aucun projet en développement.

Les fans de Need for Speed et de Burnout viennent probablement d'encaisser l'une des annonces les plus difficiles de ces dernières années. À l'occasion des 30 ans de Criterion Games, un anniversaire qui aurait pu célébrer l'héritage du studio britannique, Electronic Arts a finalement confirmé une orientation radicalement différente. Désormais intégré à Battlefield Studios, Criterion ne développe plus de jeux de course et concentre l'ensemble de ses ressources sur Battlefield. Une décision qui acte l'absence de tout nouveau Need for Speed en développement et qui repousse également Burnout dans un avenir totalement incertain. Pour les amateurs de vitesse, le constat est amer : les deux licences historiques sont désormais à l'arrêt, pendant qu'EA mise presque exclusivement sur l'une de ses franchises les plus rentables.
Electronic Arts tourne définitivement la page des jeux de course chez Criterion
Une déclaration qui ne laisse plus de place au doute
Il arrive parfois qu'une simple phrase suffise à résumer toute une stratégie d'entreprise. C'est précisément ce qu'a fait Rebecka Coutaz, vice-présidente et directrice générale de Battlefield Studios Europe, lorsqu'elle a été interrogée sur l'avenir de Criterion Games et de ses licences historiques.
« We are solely focused on Battlefield. »
« Nous sommes exclusivement concentrés sur Battlefield. »
Rebecka Coutaz, vice-présidente et directrice générale de Battlefield Studios Europe
Cette réponse ne laisse pratiquement aucune place à l'interprétation. Lorsqu'elle a également déclaré que l'équipe n'était « pas là pour parler du passé », le message est devenu encore plus clair : Criterion ne regarde plus dans le rétroviseur. Le studio est désormais entièrement mobilisé autour de Battlefield, sans projet parallèle annoncé pour Need for Speed ou Burnout. Cette nouvelle orientation est d'ailleurs visible jusque dans son identité, le studio se présentant désormais comme « Criterion: A Battlefield Studio ».
Pour une partie du public, cette communication a quelque chose de symbolique. Les 30 ans d'un studio sont généralement l'occasion de célébrer les jeux qui ont construit sa réputation. Ici, c'est au contraire l'avenir qui a été mis en avant, avec une franchise de tir devenue prioritaire au détriment des licences qui ont forgé la réputation de Criterion.
Un changement de cap officialisé pour les 30 ans du studio
Fondé en 1996, Criterion Games s'est rapidement imposé comme l'un des grands spécialistes du jeu de course arcade. La série Burnout a marqué toute une génération grâce à son gameplay nerveux, ses accidents spectaculaires et sa philosophie résolument orientée vers le plaisir immédiat. Après son rachat par Electronic Arts, le studio a ensuite repris les rênes de Need for Speed, signant notamment Hot Pursuit, Most Wanted puis, plus récemment, Need for Speed Unbound.
Depuis plusieurs années pourtant, le studio était régulièrement appelé en renfort sur Battlefield. Ce qui apparaissait initialement comme un soutien ponctuel s'est progressivement transformé en réorganisation complète. Aujourd'hui, cette évolution est officiellement assumée : Criterion fait partie intégrante de Battlefield Studios et ne travaille plus sur d'autres franchises.
Ce changement reflète également une tendance plus large chez Electronic Arts. Face à l'augmentation constante des coûts de développement, les grands éditeurs privilégient de plus en plus leurs licences capables de générer des revenus importants sur plusieurs années. Battlefield représente précisément ce type d'investissement stratégique.
Need for Speed et Burnout mis sur la touche
Une franchise sans nouveau projet en développement
Le point le plus marquant reste l'absence totale d'un nouveau Need for Speed en préparation. Après la sortie de Need for Speed Unbound en 2022, de nombreux joueurs espéraient voir la série revenir avec un nouvel épisode profitant des consoles actuelles. Les déclarations de Rebecka Coutaz refroidissent considérablement ces attentes.
Il ne s'agit pas simplement d'un développement retardé ou d'un projet gardé secret. Les informations communiquées indiquent qu'aucun nouvel épisode n'est actuellement en production chez Criterion. La franchise entre donc dans une période de pause dont personne ne connaît aujourd'hui la durée.
Cette situation n'est pas totalement inédite pour Electronic Arts, qui a déjà laissé certaines de ses licences historiques dormir pendant de longues années avant d'envisager un éventuel retour. La différence est qu'ici, aucun studio de remplacement n'a été présenté pour reprendre le flambeau.
Burnout disparaît également du radar
Si les fans de Need for Speed sont déçus, ceux de Burnout ont encore moins de raisons d'espérer à court terme.
La licence n'a plus connu de véritable nouvel épisode depuis Burnout Paradise, hormis une version remastérisée. Pendant longtemps, certains imaginaient qu'un retour finirait par arriver, notamment grâce à l'engouement persistant autour des jeux de course arcade. Les dernières déclarations de Battlefield Studios semblent pourtant refermer cette possibilité, au moins pour les prochaines années.
Burnout conserve pourtant une place particulière dans l'histoire du jeu vidéo. Son approche spectaculaire des collisions, son rythme effréné et son identité immédiatement reconnaissable continuent d'influencer de nombreux développeurs. Voir une telle licence rejoindre les archives d'Electronic Arts illustre parfaitement la difficulté qu'ont aujourd'hui certains jeux à survivre lorsqu'ils ne s'inscrivent pas dans les priorités commerciales du moment.
Pourquoi EA concentre désormais ses ressources sur Battlefield
Du point de vue d'Electronic Arts, cette décision répond avant tout à une logique industrielle.
Battlefield constitue l'une des franchises majeures de l'éditeur. Son développement mobilise plusieurs studios répartis dans différents pays afin de produire des jeux toujours plus ambitieux sur le plan technique. Dans ce contexte, disposer d'une équipe expérimentée comme Criterion représente un atout important.
Les compétences du studio en matière de technologies graphiques, de gestion des véhicules, d'optimisation ou encore d'animation profitent directement au développement de Battlefield. Il est donc plus rentable pour EA de regrouper ces talents sur une seule franchise plutôt que de les répartir sur plusieurs productions différentes.
Cette stratégie peut parfaitement se comprendre d'un point de vue économique. En revanche, elle réduit considérablement la diversité du catalogue de l'éditeur. À mesure que les équipes sont absorbées par quelques grandes licences, les projets plus spécialisés ou plus risqués deviennent naturellement plus rares.
Une décision qui risque de frustrer les fans
Le vide laissé sur le marché des jeux de course arcade
L'arrêt de Need for Speed et de Burnout intervient dans un contexte assez paradoxal.
Le jeu de course n'a pas disparu. Au contraire, plusieurs franchises continuent d'attirer un large public, chacune avec son identité. Les simulations automobiles séduisent les passionnés tandis que les expériences plus accessibles rencontrent toujours un véritable succès.
C'est précisément ce qui rend la décision d'Electronic Arts surprenante pour une partie des joueurs. Need for Speed occupait une place particulière entre l'arcade et la personnalisation automobile, avec une identité forgée autour des courses urbaines, des poursuites policières et d'une mise en scène inspirée de la culture automobile populaire.
En laissant cette série en sommeil, EA abandonne un segment où elle possédait pourtant l'une des marques les plus connues de l'industrie. Rien ne garantit qu'un retour futur retrouverait automatiquement le même impact, tant les habitudes des joueurs et la concurrence évoluent rapidement.
Ce que cette décision dit de la stratégie actuelle d'Electronic Arts
Au-delà du cas de Criterion, cette annonce révèle surtout la manière dont les grands éditeurs arbitrent désormais leurs investissements.
Les budgets de développement atteignent aujourd'hui des niveaux historiques. Chaque projet représente plusieurs centaines de personnes et parfois plusieurs années de production. Dans ce contexte, les entreprises privilégient les franchises capables de générer des revenus importants et réguliers.
Battlefield correspond parfaitement à cette logique. Le succès d'un seul épisode peut alimenter un écosystème pendant plusieurs années grâce aux mises à jour, aux saisons et aux contenus supplémentaires.
À l'inverse, un jeu de course traditionnel présente davantage d'incertitudes commerciales. Même lorsqu'il bénéficie d'une excellente réputation, il ne garantit pas forcément le même potentiel économique qu'une licence multijoueur majeure.
Cette approche n'est toutefois pas sans conséquence. À force de concentrer les ressources sur un nombre limité de franchises, les éditeurs prennent aussi le risque d'appauvrir leur catalogue. Les joueurs les plus attachés à la variété des expériences voient progressivement disparaître certaines licences qui ont pourtant contribué à construire l'identité de ces grands groupes.
En quelques mots
L'annonce de Rebecka Coutaz marque un véritable tournant pour Criterion Games. Le studio qui a donné naissance à Burnout et relancé Need for Speed est désormais entièrement dédié à Battlefield, sans nouveau projet de jeu de course officiellement en développement. Si Electronic Arts n'a pas déclaré que ces licences étaient définitivement abandonnées, leur mise en pause pour une durée indéterminée ressemble aujourd'hui à une fermeture de chapitre plutôt qu'à un simple intermède. Pour les passionnés de vitesse, l'espoir d'un retour existe toujours en théorie, mais il faudra désormais regarder bien au-delà du calendrier actuel de Battlefield avant d'imaginer revoir Burnout ou Need for Speed reprendre la route.
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