Leslie Benzies et Sam Houser cités dans l’affaire Epstein

AutorArtículo escrito por Vivien Reumont
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Fecha de publicación02/02/2026

Le monde du jeu vidéo se retrouve, une fois encore, mêlé à une actualité troublante bien éloignée de ses pixels et de ses consoles. Deux figures emblématiques de l’industrie, Leslie Benzies, ancien président de Rockstar North et aujourd’hui fondateur du studio Build A Rocket Boy, ainsi que Sam Houser, cofondateur et président actuel de Rockstar Games, se retrouvent nommément cités dans l’affaire Epstein, un des plus grands scandales pédocriminels de notre époque.

Ces révélations ont éclaté dans un nouveau document de 62 pages publié cette semaine par le ministère de la Justice des États-Unis. Alors que l’affaire semblait avoir déjà dévoilé ses pires facettes, elle prend un tournant inattendu en éclaboussant un secteur qui, jusqu’alors, semblait relativement épargné. Les déclarations de Sarah Ransome, victime reconnue du système mis en place par Epstein, viennent aujourd’hui mettre en lumière des comportements présumés graves, impliquant Benzies en tant qu’agresseur, et Houser comme témoin silencieux.

Une telle association entre figures du jeu vidéo et un réseau aussi sombre soulève de nombreuses questions, tant sur la responsabilité individuelle que sur la culture d’entreprise dans un milieu encore très opaque. Cet article revient en détail sur les accusations, leur contexte, les conséquences médiatiques, et ce que cela dit de l'industrie vidéoludique contemporaine.

 

Leslie Benzies et Sam Houser : figures majeures du jeu vidéo éclaboussées

Qui sont Leslie Benzies et Sam Houser ?

Leslie Benzies est loin d’être un inconnu dans le paysage vidéoludique. Président de Rockstar North jusqu’en 2016, il a été l’un des cerveaux derrière l’immense succès de Grand Theft Auto V, dont il a supervisé le développement. Son influence sur la série GTA a été telle qu’on le considère comme un pilier central de la franchise. Après son départ mouvementé de Rockstar – marqué par un procès pour rupture abusive de contrat – il fonde Build A Rocket Boy, le studio derrière le très attendu MindsEye.

Sam Houser, de son côté, est cofondateur et président de Rockstar Games, qu’il dirige depuis sa création en 1998. Stratège de l’ombre, il a façonné l’image provocante et irrévérencieuse du studio. Lui et son frère Dan Houser ont été les artisans de franchises majeures comme Red Dead Redemption et Bully, en plus de GTA. Sam est reconnu pour avoir toujours gardé un profil bas, préférant s’exprimer à travers les œuvres de son studio plutôt que dans les médias.

Leur rôle central dans Rockstar Games et l’industrie vidéoludique

Ensemble, Benzies et Houser ont largement contribué à transformer Rockstar en un empire vidéoludique. Ils ont non seulement révolutionné le jeu en monde ouvert, mais également inscrit dans le marbre une culture du jeu vidéo adulte, cynique et satirique, qui a séduit des millions de joueurs. Leur influence dépasse la seule sphère du divertissement : ils ont défini une génération de jeux, imposant un standard narratif et technique longtemps inégalé.

Mais cette même culture, encensée pour sa liberté de ton, est aussi critiquée pour son manque de diversité, son ambiance toxique et son opacité interne. Plusieurs témoignages ont pointé du doigt un climat de pression extrême au sein de Rockstar, où les figures dirigeantes étaient perçues comme intouchables. La mise en cause de Benzies et Houser dans l’affaire Epstein, aussi grave soit-elle, trouve ainsi un écho particulier dans cette ambiance de silence et de pouvoir centralisé.

"Ce n’est pas seulement un choc pour l’industrie, c’est un séisme. On parle ici des architectes de certains des jeux les plus vendus de l’histoire." — Développeur anonyme, cité sur X (ex-Twitter)

 

L’affaire Epstein : un scandale mondial aux ramifications multiples

Rappel du contexte et ampleur de l’affaire

Jeffrey Epstein, homme d’affaires milliardaire, est devenu tristement célèbre pour avoir mis en place un réseau international de trafic sexuel impliquant des mineures, un système aussi complexe qu’abject, appuyé par des complicités à tous les niveaux de la société. Son arrestation en 2019, suivie de son décès controversé en prison, a ouvert une boîte de Pandore dont les effets se font encore sentir aujourd’hui.

Depuis, des centaines de documents judiciaires ont été déclassifiés ou rendus publics. Ils contiennent des listes de noms, des témoignages de victimes, ainsi que des preuves de l’implication présumée de personnalités politiques, culturelles, scientifiques… et maintenant, de membres influents de l’industrie du jeu vidéo.

Ce que rend cette affaire particulièrement explosive, c’est sa capacité à éclabousser des figures réputées intouchables. Ce n’est pas qu’une question de criminalité, mais aussi de pouvoir, de réputation, et de culture du silence bien enracinée dans certains cercles d’élite.

Les documents judiciaires et leur impact médiatique

La semaine dernière, un nouveau document judiciaire de 62 pages a été publié par le ministère de la Justice américain. Ce dernier contient de nombreux extraits de témoignages, dont ceux de Sarah Ransome, une des victimes emblématiques du réseau Epstein. Ses déclarations ont attiré l’attention des médias car elles révèlent pour la première fois l’implication présumée de deux noms liés à l’univers des jeux vidéo : Leslie Benzies et Sam Houser.

L’effet a été immédiat : les réseaux sociaux se sont embrasés, les forums spécialisés comme ResetEra ou Reddit ont relayé l’information à grande vitesse, et la presse généraliste a commencé à reprendre l’affaire. Bien que Rockstar Games n’ait fait aucune déclaration officielle, le simple fait d’être cité dans un tel contexte suffit à ternir durablement une image publique. Et dans un secteur où la réputation est aussi précieuse que l’innovation, ces révélations risquent de provoquer une onde de choc profonde.

« On pensait avoir tout vu dans cette affaire. Mais chaque nouveau document semble repousser les limites de l’horreur et du malaise. » — Analyste judiciaire sur CNN

 

Les accusations de Sarah Ransome : des révélations accablantes

Détails des accusations contre Leslie Benzies

Dans le document récemment publié, Sarah Ransome accuse ouvertement Leslie Benzies d’agression sexuelle et d’humiliations répétées, remontant à l’époque où ils étaient en couple. Elle affirme notamment que Benzies lui jetait de l’argent « comme à une prostituée », un geste dégradant qu’il aurait même intégré par la suite dans les jeux de Rockstar, une allusion directe à la mécanique bien connue de la série GTA où le joueur peut « payer » des prostituées.

« Leslie Benzies… on dirait qu'il a inventé le concept de jeter de l'argent à une prostituée avant de m'agresser sexuellement… Et il a ensuite utilisé ça dans les jeux vidéo pour divertir des millions de personnes ! » — Sarah Ransome

Ransome précise également que Benzies lui a donné l’argent pour réserver un billet d’avion pour New York, à son arrivée le 1er septembre 2006. Elle suggère que cette trace peut être vérifiée dans ses relevés bancaires. Ces éléments visent à renforcer la crédibilité de son témoignage et lier ses affirmations à des faits matériels.

Ces accusations, graves et précises, ne relèvent pas de simples rumeurs. Elles sont consignées noir sur blanc dans un document officiel, ce qui pourrait avoir des conséquences judiciaires et médiatiques considérables, notamment si des poursuites venaient à être engagées.

Le rôle passif présumé de Sam Houser selon le témoignage

Sarah Ransome n’épargne pas Sam Houser dans son témoignage. Elle affirme qu’il était parfaitement au courant des agissements de Benzies, mais qu’il aurait choisi de ne rien faire. Selon ses mots, elle l’a rencontré à de nombreuses reprises pendant sa relation avec Leslie, et déclare être « surprise qu’aucun procès n’ait encore été intenté » contre lui.

« Sam Houser, vous m'avez rencontrée à de nombreuses reprises lorsque je sortais avec Leslie… Le moment est venu de révéler ce que vous et vos copains de Rockstar North manigancez réellement en coulisses. »

Cette dimension est particulièrement inquiétante : elle n’accuse pas seulement un homme, mais suggère l’existence d’un système de silence, voire d’impunité, au sein même de Rockstar North. Le fait que Houser soit toujours en poste ajoute à la tension : l’industrie du jeu vidéo est maintenant confrontée à une situation où l’un de ses dirigeants les plus puissants est indirectement mis en cause dans une affaire d’une extrême gravité.

À ce jour, aucune action judiciaire n’a été engagée contre Benzies ou Houser concernant ces faits. Mais le simple fait d’être publiquement associés à un scandale de cette ampleur constitue déjà un bouleversement.

 

Réactions de l’industrie et silence des studios

L’absence de réaction de Rockstar Games et Build A Rocket Boy

Depuis la publication du document judiciaire citant Leslie Benzies et Sam Houser, ni Rockstar Games, ni Build A Rocket Boy n’ont réagi publiquement. Aucun communiqué officiel, aucune déclaration sur les réseaux sociaux, et encore moins de prise de position individuelle de la part des deux principaux concernés. Ce silence, lourd de sens, alimente les spéculations, accentue l’inquiétude des fans, et crée un vide que les internautes se sont empressés de combler.

Dans une industrie habituée aux controverses, la gestion de crise est devenue un exercice de style. Pourtant, dans cette affaire, les deux studios semblent avoir choisi la stratégie du mutisme. Ce choix peut s'expliquer juridiquement — pour éviter toute reconnaissance implicite — mais il est aussi risqué en termes d'image. À une époque où les consommateurs attendent de la transparence et de l’éthique, ne pas s’exprimer est souvent perçu comme une forme de complicité silencieuse.

Mobilisation des joueurs et communautés en ligne

En parallèle, la communauté des joueurs ne reste pas passive. Sur X (ex-Twitter), des hashtags tels que #BoycottRockstar ou #JusticeForSarahRansome commencent à circuler. Des captures d’écran du document de 62 pages sont partagées massivement, accompagnées de messages de soutien aux victimes et de colère envers les studios.

Les forums de discussion comme Reddit, ResetEra ou NeoGAF voient naître de nombreux fils de discussion analysant les implications de cette affaire. Certains réclament le retrait pur et simple des figures concernées, d’autres appellent à un audit indépendant des studios mentionnés. Dans les sphères plus radicales, certains vont jusqu’à considérer que les contenus de certains jeux de Rockstar doivent être réévalués à la lumière de ces révélations.

« On a toujours su que Rockstar jouait avec les limites morales dans ses jeux. Mais si ces limites venaient en fait de leurs dirigeants ? » — Utilisateur Reddit

Ce mouvement en ligne rappelle d'autres tempêtes médiatiques qui ont secoué l’industrie, notamment les vagues de dénonciations liées au #MeToo du jeu vidéo en 2020. L’affaire Epstein, en y mêlant des figures aussi influentes que Benzies et Houser, pourrait bien relancer cette vague avec une intensité inédite.

 

Quand l’industrie vidéoludique croise les dérives du pouvoir

La question de la culture toxique dans les coulisses du développement

Depuis plusieurs années, de nombreux témoignages dénoncent une culture toxique bien ancrée dans certains studios de développement, notamment ceux en position de domination sur le marché. Crunch abusif, gestion par la peur, harcèlement moral ou sexuel, et traitement inégalitaire sont des termes qui reviennent fréquemment dans les coulisses de grands noms du secteur. Rockstar Games n’a pas échappé à cette tendance.

Dans ce contexte, les accusations portées à l’encontre de Leslie Benzies et les silences attribués à Sam Houser viennent renforcer une image déjà fragilisée. Si les faits reprochés s’avèrent exacts, cela ne relèverait pas d’un acte isolé, mais bien d’une mécanique systémique où les hommes de pouvoir agissent sans crainte des conséquences, dans un climat d’impunité.

Le lien entre ces comportements et une certaine vision du pouvoir masculin dans l’univers du développement est de plus en plus dénoncé par les salariés eux-mêmes. Beaucoup appellent à une réforme profonde des structures de gouvernance, avec plus de diversité, de contrôle interne et d’écoute des salariés.

Des jeux influencés par des trajectoires personnelles ?

La déclaration de Sarah Ransome soulève une question troublante : les jeux vidéo produits par Rockstar sont-ils influencés par les expériences et comportements réels de leurs créateurs ? L’allusion à la mécanique bien connue de GTA, où le joueur peut interagir avec des prostituées et les agresser, prend une tout autre dimension lorsqu’elle est mise en parallèle avec les témoignages d’agressions et d’humiliations vécues par Ransome.

Il serait simpliste de dire que GTA est une transposition directe des actes de ses développeurs. Cependant, il est indéniable que les jeux de Rockstar reposent sur une satire acide de la société, souvent outrancière, et très centrée sur des univers masculins dominés par la violence, la sexualité et la provocation.

Quand ces thèmes font écho à des comportements réels présumés de leurs créateurs, la frontière entre fiction provocante et projection malsaine devient floue. Cette situation oblige l’industrie à réfléchir à la responsabilité des auteurs, même dans les œuvres fictives, et à la nécessité d’un cadre éthique dans la création de contenu.

« La fiction n’excuse pas tout, surtout quand elle devient un masque pour des réalités bien plus sombres. » — Journaliste spécialisé sur Polygon

 


En quelques mots

L’implication présumée de Leslie Benzies et Sam Houser dans l’affaire Epstein marque un tournant sombre pour l’industrie vidéoludique. Alors que cette dernière lutte déjà pour sortir de sa réputation de culture toxique, ces révélations rappellent brutalement que le pouvoir, même sous couvert de créativité, peut être dévoyé lorsqu’il échappe à toute remise en question.

Loin d’être un simple fait divers, cette affaire soulève des interrogations profondes sur la responsabilité morale des figures influentes du jeu vidéo, sur le poids du silence dans les structures de pouvoir, et sur la perméabilité entre les univers fictifs et les réalités de leurs auteurs. Le mutisme des studios face à des accusations aussi graves ne fait qu’envenimer une situation déjà explosive.

En attendant d’éventuelles actions judiciaires, la balle est désormais dans le camp du public, des journalistes, des développeurs eux-mêmes, pour réclamer plus de transparence et d’éthique. Car derrière les consoles et les blockbusters se cachent parfois des vérités qu’aucune ligne de code ne pourra jamais dissimuler.

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